Lèpre au Nigeria | Les Faits

Action Damien au Nigeria


Le droit à un revenu

Action Damien a permis à Monsieur Appy de suivre une formation de cordonnier. Depuis lors, il fournit des sandales spéciales et des prothèses aux membres de sa communauté de personnes atteintes par la lèpre, mais son rêve est de rentrer dans son village natal. Il n'ose cependant pas franchir le cap, car sa femme et lui sont tous deux amputés. « Je pourrais dire que j'ai eu un accident de voiture, mais le fait que nous portions tous deux une prothèse est bien trop suspect. Dès que les habitants auront compris que nous avons la lèpre, ce sera terminé. Ils ne nous accepteront jamais. »

ACTION DAMIEN - 25 ans au Nigeria - lèpre
Mohammed, le professeur de Lagos, ne dit à personne qu'il a la lèpre. « C'est une maladie très stigmatisée. Mon père ne m'a annoncé qu'il avait la lèpre que lorsqu'il a vu que je présentais les premiers symptômes. » Sa propre maladie est aussi un secret bien gardé, même s'il n'est plus contagieux depuis longtemps. « Seule ma femme est au courant. Si la nouvelle se répandait, je perdrais tout de suite mes amis. »

Blessing, une jeune coiffeuse branchée de la capitale, s'est aussi retrouvée seule dès que sa maladie a été connue. Son mari l'a abandonnée avec son fils, et les clients n'osent pas revenir. « J'ai beau leur dire que je ne suis pas contagieuse, ils ne me croient pas. Ils refusent qu’une personne qui a eu la lèpre leur touche la tête. »

La communauté d'Ogbomosho existe depuis cent ans déjà et des personnes touchées des quatre coins du pays y ont afflué pendant des années. À l'époque, quand une personne apprenait qu'elle avait la lèpre, elle en tirait vite les conclusions et déménageait dans une communauté de personnes atteintes, sachant qu'elle ne serait jamais acceptée ailleurs. Beaucoup de personnes y vivent depuis trente ans, parfois même cinquante, et ne prévoient pas de rentrer chez elles. Les gens s’y marient, y ont des enfants et y meurent. « Au moins, ici, on ne me dévisage pas. Vous n'imaginez pas à quel point l'exclusion est importante. Avant, les gens détournaient le regard quand ils passaient devant la communauté», explique Ajbenjor, un vieillard de 70 ans. « Aujourd'hui, la situation s'est un peu améliorée, par la force des choses. La ville s'est agrandie et la distance jusqu’à la communauté de personnes atteintes de la lèpre a diminué. »

Il en va de même pour le bidonville de Lagos. Autrefois, le quartier était isolé du monde civilisé, mais la capitale s'est élargie et l'a absorbé. Les patients ne sont pas pour autant acceptés. D'après la rumeur, les autorités voudraient même se débarrasser du bidonville. Malgré la proximité de la ville, les personnes affectées par la lèpre n'ont aucun contact avec le reste du monde. Elles vivent depuis si longtemps dans cette jungle urbaine qu'elles ne pourraient plus s'adapter à une société normale. Et inversement, leurs voisins les fuient comme la peste. Pourtant, la lèpre n'est plus contagieuse. Depuis 2016, un seul nouveau cas a été découvert, chez un enfant.

TEXTES: Wendy Huyghe
PHOTOS: Tim Dirven @T.Dirven pour Action Damien

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